INTERVIEW – Rencontre avec Sylvie Kreusch

LET IT ALL BURN LIVE, RENCONTRE AVEC SYLVIE KREUSCH

Suite à la performance live époustouflante de l’artiste Sylvie Kreusch à l’invitation d’Azzaro pour la
Paris Fashion Week, nous avons échangé avec elle sur son travail artistique et son style scénique
avec ses stylistes Sandra Amador et Tom Eerebout (duo créatif derrière Lady Gaga) et le directeur
artistique Olivier Theyskens.

Vous êtes réputée pour vos performances live impressionnantes, qui vous ont valu des critiques élogieuses de Vogue US et de bien d’autres. Comment cette performance au sein de la Paris Fashion Week a-t-elle vu le jour ?

Sylvie Kreusch : Ce n’est pas ma première collaboration avec Azzaro, lors de la première pandémie, nous avons déjà travaillé ensemble. Avec Alessandro Cangelli et Lukas Dhont, j’ai créé une vidéo pour ma chanson Seedy Tricks afin de présenter la collection automne-hiver 2020. Nous n’avions que quelques jours pour trouver un concept, tourner, monter et retoucher la vidéo avant sa diffusion en avant-première dans le New York Times. Nous avons travaillé jour et nuit, mais j’ai adoré travailler avec Olivier et l’équipe d’Azzaro !

Vous interprétez plusieurs titres de votre premier album qui sortira bientôt, le 5 novembre. Le public découvre vos nouvelles chansons ; comment vous sentez-vous par rapport à ce reveal, excitée ? nerveuse ?

SK: Je me sens toujours très peu sûre de mon travail quand il n’est pas encore sorti. Mais diffuser de la musique est extrêmement libérateur. Une fois que mes chansons sont sorties, je peux les écouter presque comme si je ne les avais pas écrites moi-même. C’est un sentiment étrange, mais nécessaire pour continuer et créer de nouvelles œuvres.

Let It All Burn” évoque une histoire malheureuse avec une rock star, mais le flow est très énergique et vibrant. Comment avez-vous choisi ce costume argenté à maxi paillettes qui mélange le disco chic et le drama style ?

SK: La chanson a un message fort, mais la composition et la voix sont assez ludiques. Quand j’ai vu les costumes disco d’Azzaro, j’ai su que c’était un mariage parfait !
Sandra Amador & Tom Eerebout: Nous voulions qu’il soit très épuré et qu’il raconte l’histoire de Sylvie tout en la faisant paraître aussi puissante qu’elle l’est, et qu’il raconte l’histoire des paroles, qui est celle de sa (re)prise de contrôle et de sa confrontation avec son antagoniste.

“Haunting Melody” a un petit quelque chose de Gainsbourg avec ses percussions et ses paroles ciselées. Quelle est l’influence de Gainsbourg sur votre art ?

SK: Mes parents avaient l’habitude d’écouter beaucoup de grands classiques de la musique française, donc je suppose que c’est la raison pour laquelle vous pouvez entendre certaines influences de Gainsbourg dans ma musique. J’entends un type de percussion similaire, mais je ne l’ai pas fait délibérément. Je suis très attirée par les percussions chaudes, je suppose que c’est parce qu’elles me sécurisent, elles me rappellent la maison.

Les images en noir et blanc apportent une touche rétro des années 70 avec une certaine modernité, un mélange de dramatique et d’intemporel avec un costume en velours argenté, très Bowie. En quoi cela vous correspond-il ?

SK: Avec Alessandro Cangelli, le réalisateur de la vidéo, je voulais créer une vidéo live dans un espace blanc. Nos précédents travaux ont de fortes connotations surréalistes, c’est pourquoi, pour cette performance, nous avons décidé de garder un aspect épuré et de nous concentrer sur les musiciens. Bien sûr, la première chose qui m’est venue à l’esprit est l’un de mes vidéoclips préférés : Life On Mars ! Comme je suis une grande fan de Bowie, j’essaierai toujours de lui rendre hommage dans mon travail.

SA & TE: Sylvie a toujours véhiculé cet esprit glam rock, y compris dans son style quotidien, et Bowie est une grande influence pour elle et pour nous. Elle a noué de nombreuses relations avec des créateurs au fil des ans, dont Olivier Theyskens et Azzaro. Lorsque nous avons vu les costumes lors de la présentation, nous avons su qu’ils étaient parfaits pour le sel qu’elle voulait donner à sa performance live.

Tom Eerebout et Sandra Amador, vous travaillez également avec Lady Gaga, dont le sens du spectaculaire est tout aussi prononcé. Comment parvenez-vous à créer un effet dramatique avec des looks aussi épurés ? Comment toutes ces silhouettes s’assemblent-elles ?

SA & TE: Le plus important est d’écouter votre artiste et l’histoire qu’il veut raconter. Tout dépend d’eux et de leur capacité à porter les vêtements. Il ne faut pas que les vêtements les portent et soient le centre d’attention. Ils doivent performer/interpréter, raconter l’histoire, se sentir comme ils veulent être.

Olivier Theyskens, ce n’est pas votre première collaboration avec Sylvie pour Azzaro, qu’est-ce qui rend Sylvie si chère à vos yeux et quel rapport entretient-elle avec vos créations ?

OT: J’adore Sylvie, sa voix, sa présence sur scène. Elle est à la fois fragile et féroce, une véritable source d’inspiration. Elle transmet aussi bien la sophistication que la spontanéité, et incarne à merveille l’esprit de la Maison Azzaro.